L’ORAGE
Le soleil n’existait plus que part une ligne jaune lumineuse à l’horizon. Partout ailleurs, les nuages noirs étaient si bas qu’ils écrasaient le paysage, plaquant tout au sol. Plus un oiseau ne chantait. Il n’y avait que le bruit du vent, arrivant du bout de la prairie, et couchant les herbes, s’engouffrait dans les moindres interstices de la grange, en produisant une plainte lugubre, qui faisait taire les enfants.
Les nuages roulaient toujours plus noirs, toujours plus bas. Puis le ciel se déchira, on entendit un claquement de fouet se prolongeant par un roulement sourd. Le vent s’arrêta brusquement. Les éclairs, le tonnerre, tout arrivait en même temps, mais il ne pleuvait pas. Les nuages descendaient toujours plus bas.
Puis, sur un éclair plus fort que les autres, le ciel se mit à tomber en trombes d’eau. En quelques secondes, les chemins se transformèrent en torrents. L’horizon s’effaça, il n’y avait qu’un rideau de pluie. L’air se rafraîchissait lentement. La tension tomba, les enfants firent quelques réflexions sur la quantité d’eau qui tombait et rirent.