LA CHAMBRE
La vieille femme me fit entrer dans la chambre. La fenêtre était grande ouverte, et on voyait les collines au loin, et le chant des oiseaux était le seul bruit qu’on entendait. Le soleil baignait la pièce. Une marche qui faisait toute la largeur de la chambre, la partageait en deux. Dans un coin, il y avait un petit lit d’une seule place. Et partout, des livres, des bibelots, quelques poupées traînaient dans un coin, et sur la table, du papier à lettre, une lettre commencée avec le stylo ouvert à côté, comme souvent, on s’interrompt, au milieu d’une lettre, par manque d’inspiration. Tassée dans un autre coin de la table, une réussite, abandonnée, à moitié recouverte par les papiers et les bouquins jetés n’importe comment. Tout ce désordre inspirait la vie, et l’innocence de l’adolescence. Il n’y avait aucun grain de poussière, on ne sentait aucune mise en scène de ce désordre.
Je me retournais vers la porte, m’attendant à voir la jeune fille entrer.
Mais en voyant les rides de la vieille femme, je me rappelais que sa petite fille était morte depuis très longtemps.